Le passionnant oeillet selon Jean-Claude Vigor

Recevoir des œillets… pour les yeux, le nez, sa longévité, mais surtout pour son message !

Il existe un véritable culte de l’œillet et sa culture est tout un art, car il y a autant d’œillets dans la nature qu’il existe de couleurs sur la palette d’un peintre.

L’œillet est la fleur emblématique de la Côte d’Azur, depuis plus de cent ans il véhicule l’image de marque de la région, principalement de la ville de Nice, dans le monde entier.

L’industrie mondiale des fleurs coupées est une industrie très dynamique et la culture des œillets se retrouve dans de nombreux pays à travers le monde, car une fois traitée, c’est une fleur qui voyage bien.

Son nom latin est Dianthus : du grec « dios » signifiant dieu et « anthos » signifiant fleur, l’œillet est donc la fleur du dieu, la fleur de Zeus, une fleur céleste.

Ce très vaste genre Dianthus compte plus de 300 espèces, répandues principalement en Europe et en Asie.Dianthus carthusianorum ou oeillet des chartreux
(source photo)
Dianthus hyssopifolius ou œillet de Montpellier
(source photo)

Le Dianthus caryophyllus, ou œillet de fleuriste, a subit de nombreuses améliorations génétiques afin d’offrir les avantages que l’on recherche pour une fleur à couper. Il est donc réservé aux jardiniers avertis qui aiment produire en leur jardin un petit carré de fleurs afin de fleurir leur intérieur. Quelques grainetiers, même au Québec offrent pour quelques dollars, des semences en mélange des œillets de fleuristes sous le nom de ‘Grenadin en mélange’. Avec un semis hâtif à l’intérieur vous obtiendrez des fleurs en fin de saison.

Pour le plaisir des yeux.
Les œillets ne sont pas seulement de couleur unie, ils sont aussi bicolores, tachetés, picotés, striés, en petites ou grandes fleurs, solitaires ou ramifiés.

Pour le plaisir du nez.
L’œillet, ça sent bon ! Ces fleurs dégagent un parfum légèrement poivré tout au long de leur vie. Les variétés blanches sont très odorantes ainsi que les variétés mauves et pourpres.

L’œillet, un dur à cuire…
Pour tenue sa en vase : deux semaines et plus ! Afin qu’ils tiennent cet engagement : coupez en bias la base de la tige sous l’eau et enlevez les feuilles du bas. Il ne doit pas y avoir des feuilles dans l’eau du vase pour éviter qu’elles ne pourrissent et ne salissent l’eau qui sentira mauvais. Puis mettre deux, trois gouttes d’eau de Javel afin de tenir l’eau propre. Enfin, tenez vos œillets loin de votre corbeille de fruits : ces fleurs sont très sensibles à l’éthylène qu’ils dégagent !

Dans le langage des fleurs, l’œillet est le symbole de l’amour, de l’engagement. L’œillet blanc symbolise la passion fidèle, l’œillet rouge, la passion partagée. Oscar Wilde était connu pour porter un œillet vert à sa boutonnière. L’œillet a également été un symbole politique en France en Allemagne en Portugal…

Mais l’histoire la plus ‘horticole’, nous vient de l’auteur Marcel Pagnol dans Manon des Sources. Ugolin, et de son oncle, bouchent une source dans l’espoir de racheter le terrain à bas prix. Leur but est de cultiver des œillets, plante qui certes offre un bon revenu, mais qui demande beaucoup d’eau…

 Ugolin (Daniel Auteuil) dans Manon des sources
(source photo)

Œillet et superstitions!
Mais l’œillet ne peut pas avoir toutes les vertus, quelques comédiens superstitieux l’évitent… Molière serait mort avec un œillet sur scène… Alors on n’offre pas cette fleur à un comédien superstitieux !

Quant à l’œillet d’Inde, cette annuelle qui fait encore recette, n’a plus rien à voir avec les rares et précieux plants originaires d’Amérique du Sud, qui ornaient les jardins du XVI ème siècles. Ils sont ni d’Inde ni des œillets : mais répondent au nom latin de Tagetes patula .

Auteur pour la collaboration spéciale :
Jean-Claude Vigor
La vie débute le jour où l’on commence un jardin…


Jean-Claude Vigor
Jean-Claude Vigor a oeuvré durant 30 ans comme professeur à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe. Il a collaboré à l’émission estivale Jardin d’aujourd’hui pour la télévision de Radio-Canada durant 12 ans. On peut aussi le lire chaque samedi dans Le Devoir, où il tient une chronique de jardinage. source
Cet article, publié dans La Campagne de l'oeillet SP, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s