Marie-Antoinette et la conspiration de l’oeillet

Trois ans après les débuts des évènements révolutionnaires de 1789, Marie-Antoinette d’Autriche, reine et épouse du roi Louis XVI, est emprisonnée dans une cellule de la Conciergerie. Cette prison est le principal vestige du Palais de la Cité, ancienne résidence de la royauté française entre le Xe et le XIVe siècle. À l’époque de la Terreur, la Conciergerie est reconnue comme l’antichambre de la mort pour les nombreux guillotinés.

 Portrait de Marie-Antoinette,en 1787-88
(source photo)

Le conspiration de l’œillet se déroule entre le 28 août 1793 et la nuit du 3 septembre 1793 à la Conciergerie où Marie-Antoinette vit en permanence dans un cachot surveillé par deux gendarmes, nommés Gilbert et Dufresne, ainsi qu’une servante. Le 28 août, la prisonnière reçoit deux visiteurs : Jean-Baptiste Michonis, inspecteur des prisons, et Alexandre Gonsse de Rougeville, ancien chevalier du roi Louis XVI. Ce dernier porte deux œillets rouges à la boutonnière qu’il laisse tomber afin que la reine puisse lire les messages roulés dans les pétales. Les deux hommes repartent rapidement accompagnés d’un des gendarmes. Marie-Antoinette prend connaissance des deux billets du chevalier de Rougeville qui lui dévoilent un projet d’évasion.

 Alexandre Gonsse de Rougeville
(source photo)

Lorsque la reine est seule avec le gendarme Gilbert, elle réussit à s’assurer de son appui et à le faire entrer dans cette conspiration. Elle lui donne un message à remettre au chevalier de Rougeville écrit à l’aide d’une épingle. Elle confirme au chevalier qu’elle lui fait confiance et qu’elle collaborera même si elle doit partir sans ses enfants. Michonis et Rougeville reviennent le vendredi 30 août et règlent les détails de l’évasion avec la reine. Il est convenu que dans la nuit du 2 au 3 septembre, ils paieront les gardiens de la Conciergerie d’une importante somme d’argent pour la laisser s’échapper. Elle gagnera ensuite le château de Livry pour finalement s’enfuir en Allemagne.

Toutefois, dans les premières heures du 3 septembre, la conspiration échoue. Le lendemain, le gendarme Gilbert fait un rapport de cet évènement au lieutenant-colonel de la Gendarmerie nationale et dévoile ce complot qui a avorté. Nul ne sait véridiquement qui a dénoncé la reine. Une enquête est ainsi menée par le Comité de sûreté générale. Lors des interrogations, la reine répond évasivement afin de n’incriminer personne. Le chevalier de Rougeville réussit à s’enfuir et Jean-Baptiste Michonis est arrêté. Les autres suspects sont tous acquittés. Encore aujourd’hui, le déroulement exact des évènements et les personnes impliquées dans cette conjuration demeurent incertains. L’histoire de la conspiration de l’œillet est essentiellement basée sur les témoignages recueillis devant ce Comité dont les propos des acteurs s’opposent.

 
Interrogatoire de Marie-Antoinette
(source photo)


Malgré quelques veines tentatives d’évasion culminées par ce complot de l’œillet en 1793, la dernière souveraine à avoir porté le titre de reine de France n’échappe pas à une fin tragique. Le 16 octobre 1793, Marie-Antoinette d’Autriche est condamnée à mort pour haute-trahison. Le matin même, elle est amenée à l’échafaud sur la place de la Révolution suivie par son époux Louis XVI qui subit un sort semblable.

 
Exécution de Marie-Antoinette – gravure populaire
(source photo)


Auteure pour la collaboration spéciale :
Dominique Martel, Historienne
http://dominiquemartel.com

Références :
BELAICHE-DANINOS, Paul. Les 76 jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie, Tome I : La conjuration de l’œillet. Paris, Actes Sud, 2006. 751 p.
BELAICHE-DANINOS, Paul. « La légende de l’œillet ou la stratégie du mensonge », dans http://www.paul-belaiche-daninos.fr/…/pbd_strategie_mensonge.pdf.
Centre historique des Archives nationales. « Dossiers du Tribunal révolutionnaire (1793 – an III) », dans http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/fonds/edi/sm/sm_pdf/w111_154.pdf
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